Archive pour le ‘Enfants’ catégorie

Transition au centre de Guadeloupe : témoignage

31 mars 2010

Près d’une centaine d’enfants adoptés sont passés par le centre mis en place en Guadeloupe.
Ce « SAS » avec des services similaire à un COCA (Consultation d’Orientation et de Conseils en Adoption) a été mis en place pour assurer une transition des enfants entre la crèche et leur famille adoptante.

Avant le séisme cette transition vers les parents adoptants se faisait en quelques jours (5 à 7) avec l’assistance de l’encadrement de la crèche, dans le milieu que l’enfant connaît depuis des mois. Après en avoir discuté avec des parents et des responsables de crèches, notre recommandation est que les transitions se fassent dans les crèches haïtiennes si celles-ci sont en mesure de prendre en charge les familles dès l’aéroport, de les héberger en lieu sûr et de réaliser une transition dans de bonnes conditions. Dans tous les autres cas nous recommandons aux parents adoptants d’utiliser la structure mise en place à la Guadeloupe. Les retours semblent être positifs dans l’ensemble, comme le montre le témoignage qui suit.

Je profite de la deuxième nuit de ma fille enfin à Paris avec nous, pour vous écrire sur le centre en Guadeloupe.

Nous sommes arrivés en Guadeloupe le samedi vers 19h00.
Il faut prévoir du temps entre les bagages et la location de voiture.
Il faut absolument louer une voiture car le centre n’est pas accessible.

Je vous passe les détails de l’hôtel (très sympa !), des gens très généreux ….

Dimanche matin : mon cœur ne bat plus, ma respiration oscille entre rapidité et arrêt total! Je ne sais plus où j’en suis et pourtant je suis sûre d’avoir un sourire béat !!!
Nous voici donc dans une grande salle (les parents adoptants, les psy, le sous préfet, le responsable du centre, les assistantes sociales, les puéricultrices…).
On nous explique rapidement ce qu’il va se passer et nous entendons nos enfants de l’autre côté de la fenêtre.
Les responsables sourient en nous voyant impatient et nous disent que l’on peut aller voir nos enfants ! Ça y est, Nous y sommes !!!

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« Simon n’a pas eu la force de nous attendre… »

25 mars 2010

Lettre ouverte à M. Sarkozy, M. Fillon, M. Kouchner, Mme Morano,…            Le 24 mars 2010

Nous sommes un couple qui était en cours d’adoption en Haïti au moment du séisme. Simon, l’enfant que nous attendions depuis bientôt 28 mois, vient de mourir par la faute des décisions de l’Etat français, prises soi-disant « au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant ».

La décision de communiquer sur la mort de Simon a été extrêmement difficile à prendre, par pudeur et par respect pour lui et parce que cela ne correspond pas à nos valeurs. Mais, nous n’avons pas le choix car près de 600 enfants apparentés à des familles françaises depuis des mois, des années, sont toujours en Haïti et risquent le même sort que notre petit garçon.

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Témoignages

2 mars 2010

Suite à l’arrêt des évacuations, nous avons reçu de nombreux témoignages de parents d’enfants déjà rentrés, indignés par cette décision prise par le gouvernement.

N’oublions pas qu’il reste beaucoup d’enfants (les chiffres diffèrent même dans les communications du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes) qui sont dans la même situation juridique que les 372 enfants évacués et que cette décision incompréhensible les laisse en Haïti dans des conditions précaires, à la merci des intempéries, des maladies, de la malnutrition, de l’insécurité…

C’est bien de s’inquiéter de l’état psychologique de ces enfants mais s’ils sont morts il sera trop tard pour s’en inquiéter !!!

En plus de ces enfants qui ont déjà le jugement il en reste un très grand nombre pour lesquels les procédures ne sont pas encore aussi avancées, dont la vie est menacée également. Les parents inquiets ne voient pas de progrès dans la mise en place par les autorités françaises du nécessaire pour aider en toute légalité les autorités haïtiennes à accélérer les procédures d’adoption de ces enfants afin d’obtenir le jugement pour pouvoir les évacuer d’urgence.

Au total plus de 700 enfants restent encore en danger en Haïti…

Voici donc les témoignages de ces parents :

La suite ici : » En lire plus:Témoignages

Lettre ouverte de Ghislain à Sophie Marinopoulos et Pierre Levy-Soussan

2 mars 2010

Bonjour,

Je me permets de vous contacter car j’apprends du Service de l’Adoption Internationale que les rapatriements vers la France d’enfants adoptés en Haïti ont été stoppés.

Cette décision de M. Bernard Kouchner, qui va même jusqu’à effarer ses collaborateurs du SAI, a été prise après que le ministre a pris connaissance de votre article « Haïti : l’adoption n’est pas une action d’urgence » dans lequel un tableau bien sombre est dressé sur l’accueil en France des enfants haïtiens adoptés. Vous êtes donc personnellement impliqués dans cette décision. » En lire plus:Lettre ouverte de Ghislain à Sophie Marinopoulos et Pierre Levy-Soussan

Témoignage de Gisèle suite à l’arrivée de sa fille

2 mars 2010

Madame, Monsieur,

Je tiens à témoigner que ma fille évacuée le 2 février à l’âge de 33 mois VA TRES BIEN. Lilly-Moïseline dort bien, mange comme 4, me fait plein de bêtises blagues et en rigole beaucoup et commence à répéter des mots français. Elle dit « maman » depuis le 5° jour. Et depuis 3 jours, elle demande à marcher un peu toute seule dans la rue en me tenant la main, en faisant des grands sourires de fierté.

Seul problème constaté pour le moment, sa colère quand je l’ai récupérée à Orly car le temps de transfert de 48h est trop long pour des tous petits. Quand elle est enfin arrivée à la maison (après la journée inutile à Orly, arrivée à 11h repartie à 17h + la journée de grève de la SNCF qui nous a fait perdre encore une journée + retour en TGV le jeudi), elle m’a fait un magnifique sourire et j’ai fait une superbe photo ci-jointe que tout le monde admire ! Elle s’est comme détendue pour me faire comprendre « enfin arrivée à la maison, maman, ouf… ». » En lire plus:Témoignage de Gisèle suite à l’arrivée de sa fille

Analyse d’un reportage : le mensonge par amalgame

26 février 2010

« Un débat oppose associations de parents et autorités françaises » nous dit le lancement.
Pourtant le reportage, au lieu d’illustrer ce sujet, va juxtaposer différentes scènes qui au final vont conduire le téléspectateur à penser que des familles adoptantes aux voleurs d’enfants il n’y a qu’un pas…
Analyse du mensonge par amalgame.

A noter : le titre de la vidéo : « Haïti : les adoptions vers la France suspendues face au risque de trafic »
Alors que les raisons invoquées par les autorités françaises sont tout autres (source)

Source : TF1, journal de 20h du 21 février 2010.

Le mur des 1000

16 février 2010

Le « mur des 1000″ est une image mosaïque de 200 mégapixels.
Chaque élément de la mosaïque est une photo.
Photos d’enfants haïtiens et de parents adoptants montrant les liens de l’apparentement (voir aussi ici).

Mur des 1000

Instructions simplifiées pour profiter au mieux du mur d’images :
Une fois la page affichée
Passer le navigateur en plein écran (en général F11)
Cliquer sur le lien à gauche marqué : Launch Full Screen Viewer
Ensuite on peut zoomer à l’intérieur de l’image mosaïque par exemple avec le symbole plus en haut à gauche
On peut aussi cliquer dans le cercle au dessus du signe +, laisser cliqué et déplacer ainsi un petit joystick dans les différentes directions
Les « Snapshots » permettent d’accéder directement à un image.

Diaporama : les liens de l’apparentement

16 février 2010

Les 914 familles regroupées au sein du collectif SOS HAÏTI ENFANTS ADOPTES ont un point commun : elles avaient fait l’objet d’un apparentement avec un ou plusieurs enfants.

L’apparentement est un moment très particulier dans le processus d’adoption. Les destinées d’enfants et de parents adoptifs deviennent liées. Ce qui est au départ un rapprochement entre deux dossiers (le dossier de l’enfant adoptable et le dossier de parents adoptants) prend rapidement une tout autre dimension. Les parents reçoivent des informations sur les enfants (leur histoire, des informations sur leur santé, leur profil psychologique et bien sûr les premières photos). Plus rien ne sera comme avant. Les liens de cœur se créent. Les parents envoient à leur tour des photos, ils décident même souvent de rendre immédiatement visite aux enfants. Bien sûr le sentiment de responsabilité se développe. On a plus à faire à des dossiers mais à des êtres humains.

Les parents adoptants qui ont eu des enfants biologiques n’hésitent pas à comparer l’apparentement à la grossesse. La durée entre apparentement et fin des procédures est souvent supérieur à neuf mois. L’amour et le sentiment de  responsabilité sont déjà là. Comme le couple qui attend un enfant biologique n’attend pas l’accouchement pour se préoccuper du futur bébé. Pour les parents adoptants le jugement n’est que la délivrance. Pourtant ces liens de cœur et cette responsabilité ne sont pas des évidences pour ceux qui ne l’ont pas vécu.

Un dialogue entendu de nombreuses fois : des parents adoptants interpellent leur interlocuteur. « Et si c’était votre enfant qui se retrouvait bloqué en Haïti, dans des conditions d’une grande précarité ? » Passé un moment de stupeur où on imagine son bébé dormir dehors sous la pluie et manquant de tout, invariablement la réponse est la même : « Mais ce n’est pas pareil ! » Et pourtant si, c’est pareil, il s’agit d’un petit être dont la destinée a été confiée aux parents adoptants. Un amour partagé s’est créé. Les procédures, même si elles sont longues, ne sont plus qu’un cheminement nécessaire, un mauvais moment à passer.

Le 12 janvier 2009 914 « grossesses » sont devenues très difficiles. Pas uniquement du fait de la terrible catastrophe. Mais aussi par la faute de quelques uns.
La suite : » En lire plus:Diaporama : les liens de l’apparentement

Le jeûne de Patricia

8 février 2010

Alors que le jeûne de protestation de 36 heures s’est terminé pour ceux qui l’avaient commencé Samedi matin, d’autres on rejoint cette action symbolique Samedi soir et la prolongent jusqu’à Lundi 8h. Au total 28 personnes auront participé, dont Patricia. Tous les détails et les témoignages ici.

Ce soir de février je vais jeuner…
Parce qu’un soir de septembre tu as mis ta tête contre mon cœur et tu t’es abandonné,
Parce qu’un soir de septembre tu m’as offert ton regard, ton sourire et ton premier « mama »….
Parce qu’un soir de septembre j’ai mis mon nez dans ton cou pour garder au plus profond de moi ton odeur, ta chaleur, ta douceur, pour que ce souvenir me porte dans cette si longue attente…
Parce qu’on soir de septembre, je t’ai murmuré que je t’aimais, que je reviendrais te chercher, que tu repartirais avec moi, que ton frère, sa sœur, toi et moi nous formerions cette famille à laquelle tu avais droit, que tu étais mon fils pour toujours,…

Ce soir de février je vais jeûner…

Pour que tu cesses d’être un dossier aux yeux de ceux qui ont ton sort entre les mains,
Pour que tu redeviennes un enfant qui attend sa maman et sa chaleur, qui a peur, qui a droit à une famille, à sa famille,
Pour que tu ne dises plus simplement « bonjou mama, bye bye mama » à une photo comme tu le fais si souvent depuis que nous nous sommes rencontrés,
Pour qu’un autre soir proche ce « bye bye mama » soit accompagné du plus doux des câlins

Il y a plus de deux ans, ta maman de naissance t’a dit « va, vis et deviens », il y a plus de deux ans j’ai dis « je prends le relais et tu deviendras… », la terre a tremblé, a tout changé et, parce que je suis française, mon pays te dit « reste, survis et souffre ». Pardon mon fils, d’être française.

En ce soir de février je vais jeûner pour que la France entende ta voix de 3 ans et toutes vos petites voix si négligées, votre droit à vos familles et cesse de vous interdire de « devenir ».

Patricia

SED J+26 : Ravitaillement = 0 ! Témoignage des parents de Léandre

7 février 2010

Nous sommes un couple adoptant en Haïti. NOTRE fils (oui oui nous avons bien dit «notre fils» s’appelle Léandre ). Il a 19 mois maintenant et souffre de dénutrition avancée comme l’indique son carnet de santé, son histoire sociale et son évaluation psychologique.

Il est accueilli dans la crèche SED (soutien aux enfants en difficultés) basée au 22, côte plage 24 à CARREFOUR. A une dizaine de kilomètres au sud ouest de Port au Prince.
La crèche est tenue par Mme SYLVAIN, une femme digne et humaine, se sacrifiant pour les enfants, soutenu par son fils JUNIOR et son associé M. PIERRE.
C’est une petite crèche qui accueille une trentaine d’enfants. Ceux ci ne manque de rien et surtout pas de jouets qui se comptent par dizaine dans chacun des lits des enfants.

Nous avons passé 3 semaines en Haïti avec notre fils et ce jour et nuit. Nous sommes partis du 16 décembre 2009 au 6 janvier 2010. Trois semaines de pur bonheur, de découvertes mutuelles, d’angoisse, de rire, de fous rires, et surtout d’IMMENSES progrès de la part de Léandre !

Nous avons connu au début de notre séjour un petit garçon qui ne se tenait pas debout, peu curieux, peu bavard… et nous avons laissé derrière nous un enfant merveilleux qui a fait ses premiers pas avec nous, se levait seul, riait aux éclats, babillait, scrutant tout, touchant tout, bref un enfant plein de VIE…

Nous avons pu, en effet, nous rendre compte de sa dénutrition avancée : ventre gonflé, cheveux fins et roux, membres squelettiques… c’est pour cela que nous lui avons donné tout notre amour avec une grande dose de vitamines, sels minéraux, protéines… durant tout notre séjour pour qu’il soit plus fort face aux contaminations déjà existantes avant le séisme !

Notre fils pèse 7 kilos avec sa couche !!!!!! Bien en deçà de la courbe moyenne de poids.

Avant de partir nous avons expliqué à notre fils avec supports variés ( carte, calendrier… et l’avion de Oui-Oui ) pourquoi nous allions partir sans lui mais surtout que nous reviendrons TRES vite le rechercher pour qu’il rejoigne SA nouvelle famille. Nous devions retourner deux semaines en mars-avril pour retisser à nouveau des liens avec lui avant de nous envoler tous ensemble.

Nous devions……… car le 12 janvier 2010 est arrivé, fauchant sur son passage des milliers de personnes et notre enthousiasme.

Nous n’avons su dès le mercredi matin vers 8 heures que a priori tout le monde allait bien à la crèche mais de nombreuses secousses avaient eu lieues…. ce n’est que le 14 janvier que nous avons réussi à contacter la crèche. Par miracle personne n’a été blessé. La crèche, elle, n’a pas été épargnée par le tremblement de terre puisqu’une partie du toit s’est effondrée et que tous les murs sont fissurés.

Par ce fait, notre fils, ses petits camarades et tout le personnel vivent actuellement DEHORS avec simplement une bâche au dessus de la tête en attendant la saison des pluies prochaine !

Vu l’ampleur de la mobilisation internationale mais surtout française, nous étions confiant quant à l’arrivée rapide des secours sur place puis au rapatriement de notre fils

……nous sommes le dimanche 7 février : Léandre vit toujours dehors ! PAS DE SECOURS !

Attention, la suite ici : » En lire plus:SED J+26 : Ravitaillement = 0 ! Témoignage des parents de Léandre