Le 12 janvier 2010 un tremblement de terre de magnitude 7 a frappé Haïti avec une violence inouïe. L’île est dévastée, les pertes humaines sont incommensurables, les infrastructures à reconstruire et les autorités locales, particulièrement touchées, en grande difficulté pour opérer.
L’aide internationale s’est rapidement mobilisée, malgré les goulots d’étranglement des points d’accès (aéroport, port, accès terrestre via Saint-Domingue).
Sauvons les 1000 ne traite pas de la catastrophe dans son ensemble, mais se focalise particulièrement sur les conséquences de cette catastrophe sur un millier d’enfants qui ont un point commun : ils étaient tous au moment du séisme apparentés à des familles françaises, en voie d’adoption, selon des procédures très longues (en général 3 ans en tout, voire plus), en conformité avec les lois en vigueur dans les deux pays.
Certains pays comme les Pays-Bas ou les Etats-Unis, ont pris immédiatement la mesure de l’urgence et évacué très rapidement les enfants en cours d’adoption.
La France est traditionnellement un pays adoptant de nombreux enfants haïtiens, de l’ordre de 700 par an. Sous la conduite du ministère des affaires étrangères, compétent en matière d’adoption internationale, la France a choisi une approche radicalement différente, comptant privilégier la rigueur, quitte à ce que les enfants concernés restent plus longtemps en danger dans leurs crèches, elles-mêmes très touchées par le séisme.
Cette attitude a très rapidement généré incompréhension et même colère chez des familles déjà angoissées par la difficulté à joindre les crèches, à savoir si celles-ci étaient en mesure de répondre aux besoins de base des enfants, sans même savoir parfois si ces enfants étaient encore vivants.
Les familles se sont mobilisées et organisées en collectif pour faire entendre leur voix : le « Collectif SOS Haïti enfants adoptés, pour l’évacuation de tous les enfants en cours d’adoption en Haïti »
Parallèlement et en complémentarité, le site de l’association Sauvons nos enfants encore en Haïti (Sauvons les 1000 !) a pour but d’informer en rassemblant les éléments permettant aux internautes de se faire une opinion. Sauvons les 1000 est ouvert à tous ceux qui veulent apporter une information pertinente contribuant à la compréhension du sujet.
Nous ne nous contentons pas des sources d’information officielles, nous enquêtons, recoupant les informations, recherchons la vérité parfois brouillée par des amalgames ou des raccourcis trop rapides. Nous avons des informations directes au travers du lien que nous avons avec les crèches, rétabli ici par téléphone, ou là grâce à un internet qui a miraculeusement survécu à la catastrophe. Nous nous attachons à réaliser un travail de fond que peu de journalistes ont l’opportunité d’effectuer lors d’une catastrophe de telle ampleur, où l’actualité et l’urgence sont souvent privilégiés par les médias. Nous disposons enfin d’une réseau d’un millier de familles extrêmement déterminées, motivées et mobilisées. Sans compter leur proches et leurs amis. Bref, une communauté, un réseau à la génération spontanée et instantanée, un phénomène exceptionnel et rarissime dont on comprend déjà qu’il survivra à, nous l’espérons, la bonne résolution de cette crise et qu’il conservera un lien durable avec Haïti. . Cette communauté, ce sont autant de paires d’yeux, de chercheurs, d’analystes à l’affût de la moindre information permettant de comprendre et d’agir pour une noble cause : sauver un millier d’enfants !
Nous espérons que vous réaliserez en parcourant ce blog que Sauver les 100 s’attache à être un site d’information sérieux, qui ne se contente pas de la rumeur, qui autant que faire se peut recoupe les informations avec les ressources à sa disposition, malgré la difficulté à le faire dans le contexte d’une telle catastrophe.
L’ensemble sera l’une des sources pouvant être consultée si d’aventure il devenait important de comprendre ce qui a conduit les autorités françaises à procéder comme elles l’ont fait et s’il n’y avait vraiment aucune possibilité de concilier prise en charge et mise en sécurité rapide des enfants d’une part et sérieux et respect des lois de l’autre. De comprendre pourquoi les autorité françaises ont choisi d’ignorer les solutions mises en place par d’autres pays.
A la lumière des éléments que nous avons glanés et rassemblés, Sauvons les 1000 soutient sans aucune ambiguïté l’objectif que s’est fixé le collectif : faire en sorte que ce millier d’enfants soit évacué d’urgence, mais tout en poursuivant le processus d’adoption, dans le respect des lois des deux pays. SD